C’est à lire – Burn after writing

Sharon Jones – Editions Contre-Dires

Monique Misiego | C’est l’édition française de ce phénomène mondial qui vient d’être republiée. Mais le livre est sorti pour la première fois en 2014 au Royaume-Uni.  Actuellement, on ne parle que de ce livre sur les réseaux sociaux. Parce qu’il rejoint totalement la tendance actuelle, quoi que… Les réseaux sociaux sont devenus un gigantesque confessionnal nous dit la quatrième de couverture. Que ce soit TikTok, Facebook, Linkedin, Twitter, Instagram, Whatsapp, Snapchat, Youtube… Je ne suis pas totalement d’accord avec cela. Sur les réseaux sociaux, on y met en principe ce que l’on veut, ce que l’on pense, ce qui nous plaît ou nous déplaît. La dernière tendance, que je trouve absurde, c’est d’exhiber un selfie dans l’isoloir de la vaccination Covid. Ou alors de publier le certificat de vaccination que l’on vient de recevoir. C’est tout simplement désolant de voir ça. Qu’est que ça apporte ? Et le mot confessionnal n’est pas très adapté. Comme catholique, je devais régulièrement me confesser. Nous étions censés parler de nos mauvaises actions où de celles que nous regrettions. Sur les réseaux sociaux, c’est différent, on en met en premier plein la vue aux autres. C’est cet étalage qui me déplaît On y postera des photos de ses vacances, y compris le départ à l’aéroport, comme cela les cambrioleurs sont avertis, la destination, la chambre d’hôtel, la piscine, bref tout ce qui est du paraître. Les paysages viennent bien souvent plus tard, s’ils viennent… On y met ses enfants, alors que tous les professionnels conseillent de ne pas publier de photos, que ce sont des cibles pour les pédophiles, que souvent ces photos sont utilisées pour des publicités ou par des partis politiques même. Je connais une personne qui met une photo de sa fille tous les jours sur Facebook. Cette petite a trois ans, c’est donc plus de 1000 photos qui ont circulé on ne sait où. On y met ses idées politiques, ses combats, c’est bien que les gens assument ce qu’ils sont. Le problème, c’est qu’on peut changer, se modérer, ou tout simplement changer son fusil d’épaule. Mais les traces restent, c’est très difficile de tout effacer et cela peut porter préjudice pour un futur emploi par exemple. Alors oui, les réseaux sociaux ont aussi des bons côtés, ça rend plus proches des gens qui sont à l’autre bout du monde, mais appelleriez-vous vos amis FB pour déplacer un cadavre à 2h du mat’ ? Ces amis FB resteront juste des spectateurs de votre détresse ou des envieux de votre réussite. Tout ça pour dire que c’est tellement facile de paraître ce que l’on n’est pas. Alors quand j’ai eu vent de ce livre, je l’ai commandé immédiatement, ne sachant pas trop ce que j’allais y trouver. C’est tout simplement un journal intime, mais que vous ne dirigez pas. Les questions sont incisives et parfois crues. Cela vous fait repousser vos limites, réfléchir à votre passé, à votre présent mais aussi à votre futur. C’est un jeu d’« action ou vérité » avec vous-même. Le fait que l’on doive écrire à la main nous oblige à prendre le temps, on ne peut plus effacer comme sur son écran quand quelque chose nous déplaît. On se doit d’être honnête avec soi-même, et parfois, ça pique un peu! d’autres fois, ce sont des souvenirs qui remontent et c’est très doux. Dans tous les cas, ça secoue, en bien comme en moins bien. Quoiqu’il en soit, ça ne vous laissera pas indemne. Mais c’est un journal intime avec des questions dirigées, et comme tout journal intime, ça doit rester secret. Alors, à brûler une fois rempli ou pas ?