Balade d’été – Etape 2 : Au sommet des champs
Cet été, Le Courrier vous emmène marcher aux quatre coins du district. L’occasion de se dégourdir les jambes et de creuser un sujet qui surgit au cours de la balade ou lors de sa préparation. Deuxième étape : de Savigny à Oron-la-Ville.

Maïs, épeautre, pommes de terre ou blé : l’itinéraire menant de Savigny à Oron-la-Ville serpente entre des champs tour à tour verdoyants et dorés. Une balade colorée qui propose une vue imprenable sur les Alpes et les Préalpes.



Premier arrêt : le Panorama de Saint-Amour
Depuis Savigny, la route Saint-Amour est bordée d’un côté par des champs de blé et de l’autre par des arbres offrant un peu d’ombre bienvenue. Au loin, les montagnes fribourgeoises, vaudoises et valaisannes jouent les vedettes… et testent notre mémoire. Celle-ci, c’est le Moléson et celle-là, le Mont-Pèlerin, mais tout derrière, ce ne serait pas le petit Muveran? Heureusement, le Panorama de Saint-Amour, dessiné à la main et judicieusement placé, vient à la rescousse des promeneurs.

Deuxième arrêt : le zoo de Servion
L’itinéraire traverse un bout de la forêt du Jorat, avant de longer le zoo de Servion qui accueille quelque 200 animaux de 60 espèces. En termes de nourriture, cela représente 30 tonnes de foin, autant de viande, et de fruits, 16 tonnes de graines, 300 kilos de poissons et des kilos d’insectes par année. En cas de canicule, tout est fait pour que les animaux puissent se rafraîchir. Les ours, par exemple, ne se font jamais prier pour attaquer l’un des énormes glaçons remplis de pommes, de demi-melons et de carottes qui leur sont distribués lors du nourrissage. Comme le faisait ici, l’an dernier, le mâle Koda.

Toisième arrêt : l’église paroissiale de Châtillens
Alors que la balade est sur le point de se terminer, le clocher de l’église paroissiale de Châtillens découpe le ciel. Construite au XVe siècle dans un style gothique, elle s’érige à un emplacement qui a vu se succéder deux autres églises d’époque romane, la première remontant au X ou XIe siècle. Placée sous le triple patronage de Saint-Maurice, de Saint-Pancrace et des Saints-Innocents, l’église de Châtillens était un lieu de pèlerinage, où, dit-on, une image de Saint-Pancrace avait le pouvoir de ressusciter les enfants morts sans baptême juste le temps nécessaire pour leur administrer ce sacrement. La pratique prend fin en 1538, lorsque les Bernois font brûler cette image et passer Châtillens au culte réformé.

Un Savigny en cache vingt-cinq autres
Entre la France et la Suisse, il existe vingt-six communes qui portent le nom de Savigny. Se sentant toutes un peu cousines, elles ont fondé il y a quarante ans une amicale visant à se réunir régulièrement.
20 randonnées à faire à Savigny (Rhône), 10 sentiers à couper le souffle à Savigny-lès-Beaune, 20 boucles à Savigny-sur-Orge : en cherchant un itinéraire au départ de Savigny, Suisse, voilà que surgissent des propositions inattendues. Mais combien de Savigny existe-t-il ? Vingt-six. Et, elles font partie de l’Amicale des Savigny de France et de Suisse qui les regroupe depuis quarante ans.
Les vingt-cinq communes françaises se sont toutes rencontrées pour la première fois le 4 mai 1987 à Savigny-sur-Orge. « A cette occasion, le maire de Savigny-lès-Beaune, vigneron de son état, apprend aux autres l’existence de Savigny, en Suisse, dont des habitants commandent son vin. Contact est alors pris avec Marcel Décombaz, syndic de l’époque », raconte Jean-Philippe Thuillard, syndic de Savigny de 1990 à 2014. La commune vaudoise est intégrée au groupe en 1989 à Savigny-le-Temple. « Depuis 1990, je n’ai pas raté une seule rencontre », ajoute celui qui a aussi présidé l’Amicale de 1999 à 2008.
Sortir les Savigny de leur anonymat
Au cœur du projet, la volonté de créer du lien et de faire connaître les régions, les artisans, les spécificités. « Autrement dit, sortir les Savigny, en particulier les plus petits, de leur anonymat », résume Jean-Philippe Thuillard. L’ancien syndic a aussi participé à la dernière rencontre en mai 2026 à Savigny-sur-Braye, l’occasion de célébrer les 40 ans de l’Amicale. « Nous y sommes allés avec une délégation de huit personnes et avons apporté du chocolat pour le vendre sur le petit marché proposant des produits régionaux. C’était sympa, mais très réduit ».
Depuis le Covid, ces réunions, qui avaient « beaucoup de succès », ont baissé en intensité. Il n’y en a pas eu en 2020 et 2021. Et depuis 2022, elles se déroulent dans une formule un peu plus simplifiée. « Les gens sont moins intéressés à faire le déplacement, c’est aussi plus difficile de trouver des Savigny qui organisent la manifestation et certaines municipalités se demandent à quoi cela leur sert d’être membres de l’Amicale », relève l’ancien syndic, qui regrette la perte de contact humain et de culture de l’échange.
Les difficultés budgétaires des finances publiques n’aident pas. Pour soutenir l’Amicale, et encourager les communes à rester, « nous avons décidé cette année, lors de l’Assemblée générale, de plafonner les cotisations annuelles qui servent à financer une partie des frais liés à l’organisation des rencontres. Dès 2026, les membres payeront l’équivalent de 20 centimes d’euros par habitant avec un minimum de 30 euros et un maximum de 400 euros. On espère ainsi faire revenir les deux grands Savigny dans l’Amicale », conclut Jean-Philippe Thuillard.



