Avoir le choix et choisir
C’est beau de vivre dans un pays où cette possibilité nous est encore offerte. Encore faut-il avoir les moyens qui mènent vers un éclairage nous permettant de nous faire une opinion. L’objectivité d’une opinion étant un leurre, ce sera en toute subjectivité – comme un despote éclairé – que notre choix deviendra une évidence.
Pas de quoi étriper ou clouer au pilori celui qui aura fait l’autre choix, puisque la subjectivité est – par définition – différente de la nôtre. Les règles du match ont été définie, elles ne sont pas les meilleures, mais ce sont les moins pires de celles qui auraient pu être établies. L’issue du match tranchera, au pire ce sera la faute de l’arbitre.
Le diable se cache dans les détails. Avant les urnes, la fabrication de sa propre opinion doit pouvoir se faire indépendamment de pressions de groupes d’intérêts. Que ces derniers soient propriétaires d’empires médiatiques ou à la recherche de plus grandes marges financières, l’opinion doit pouvoir se forger à l’écoute d’autres opinions mais toujours en liberté.
Pour cela, le service public est le moins pire de tous les autres systèmes d’information.
A défaut d’abonnement à une diversité de médias de pointe, le service public procure ad minima une base à la réflexion. Libre à chacun de s’abonner à un média partisan supplémentaire, plus proche et porteur du penchant politique idoine afin d’élargir le débat.
La forge d’opinion à 1 franc par jour, ce n’est pas cher si l’on compare au prix du divertissement et du loisir, mais… tout dépend d’où vous mettez vos priorités.
Pour l’instant, nous vivons dans un pays de cocagne où nous votons le prix du lait et celui des semaines de vacances, mais voyons plus large. L’agression sur les « services publics » dépasse nos simples frontières, Radio France, BBC, Washington Post, et encore d’autres bien moins médiatiques sont menacés… mais pourquoi donc ?… et quoi après ? A nous de choisir puisque nous avons – encore – le choix.


