Arts-vivants – Improvisez : visez l’impro
Spectacles d’improvisation théâtrale à venir

Depuis plusieurs années maintenant, l’improvisation théâtrale prend une place sans cesse plus grande sur les scènes romandes. Un succès qui s’explique tout à la fois par un procédé qui s’affranchit de tout élitisme et par une diversité des pratiques qui permet à chacun d’y trouver son compte. Tour d’horizon des scènes vaudoises.
Longtemps, on a considéré l’improvisation, non pas comme un spectacle en soi, mais davantage comme un outil théâtral parmi d’autres. Certes, il y avait bien eu la Commedia dell’Arte, mais quoique cette forme ait laissé place à la spontanéité, il n’en demeure pas moins qu’elle restait passablement codifiée, les acteurs suivant un canevas et des personnages déjà prédéfinis. Ce n’est que dans la seconde partie du XXe siècle que des concepts plus libres encore ont commencé à voir le jour, aux Etats-Unis d’abord, puis au Québec, où Robert Gravel et Yvon Leduc créent en 1977 ce qui sera désormais connu comme le « match d’impro ». C’est ce format, parodie du match de hockey sur glace, qui gagnera en premier la Suisse Romande au début des années 90 et qui reste aujourd’hui la porte d’entrée la plus courante vers ce monde de l’improvisation.
Mais aujourd’hui, le monde de l’impro est autrement plus vaste que le seul match. Sur Genève et Lausanne, en particulier, on trouve pléthore de propositions plus originales les unes que les autres. On y joue avec les formes (comédie musicale, boulevard…) avec les styles (Molière, Shakespeare, Tarantino…) et avec toute une série de contraintes qui en renforcent encore plus l’attractivité. Car on ne vient pas voir un spectacle d’improvisation comme on vient voir un spectacle de texte. Toute la performance réside dans cette connaissance complice de l’acteur et du spectateur : on sait que tout ce qui va être dit, tout ce qui va être fait, n’est que pure invention de l’instant.
Mais cette instantanéité fait-elle de l’improvisation un art moins complet ? Eh bien, pas forcément. D’abord, parce que les attentes ne sont pas les mêmes. Le public sait qu’il voit quelque chose de nouveau et que c’est cette fraîcheur qui résultera sur des moments inattendus, qu’ils soient comiques ou plus graves. Ensuite, parce que contrairement à ce qu’on pourrait penser au premier abord, l’improvisation… ne s’improvise pas. C’est le fruit d’un long travail individuel et d’équipe pour arriver à un spectacle qui tienne la route.
Les scènes de la région, et plus encore du canton regorgent de ces propositions en tous genre. Et si 2026 était l’occasion de se frotter à cet univers intrigant ? Voici quelques propositions.
L’AVLI, la LIG et ImproSuisse
Trois structures poursuivent encore en territoire vaudois le concept de Gravel et Leduc. Les matches d’ImproSuisse, de la Ligue d’Improvisation de la Galicienne et de l’Association vaudoise des Ligues d’improvisation sont à voir durant toute l’année. Des équipes d’âges, de villes et d’expériences différentes s’y affrontent dans la mythique patinoire. Très actives, ces trois associations organisent ponctuellement d’autres formats spectatoriels que le match.
La Comédie musicale Improvisée
L’un des pionniers des nouveaux concepts a enchaîné un peu plus de 300 représentations depuis sa création en 2012. Tout est dans le titre : mêlant chant, danse, musique et jeu, la troupe possède une capacité intarissable de créer des univers. Réunissant la fine fleur de l’improvisation vaudoise, on y retrouve notamment Blaise Bersinger, Aude Gilliéron ou Manon Mullener. A retrouver en 2026, notamment à Lausanne aux maisons de quartier de Chailly et Sous-gare, au Pavillon Naftule et au CPO.
Impro Riviera Events
Encore plus proche de Lavaux, on retrouve le Collectif Impro Riviera Events, qui fédère les équipes de la région veveysanne, dont certaines se produisent également dans les évènements de l’AVLI. Cette année et pour la 14e fois, se tiendra sous leur égide le FIRE, mini-festival d’impro de trois jours au Rocking Chair à Vevey.
Et dans la région ?
Le district Lavaux-Oron ne navigue pas hors du phénomène puisque deux troupes seront à suivre prochainement à Chexbres, puis à Cully. Pour la première, ce sera au Caveau du Cœur d’Or que se produira la Compagnie FMR les 27 février et 27 mars pour un Une heure d’impro mêlant toutes sortes de contraintes dans un cabaret endiablé. Puis, ce sera au tour de Première, les 29 et 30 mai, par La Troupe, dans une configuration très semblable quoiqu’exclusivement féminine.


