April in Cully
Pendant 10 jours, l’Art s’affirme comme remède à un monde anxiogène.
Le jazz. Une forme de musique, une expression, des interprétations qui font voisiner l’énergie du ragtime, la sexualité de la soul, la mélancolie du blues et la brutalité du rock. Surtout, il s’agit de liberté. Le jazz ne se réduit pas, aussitôt un tiroir trouvé qu’il s’échappe à saute-mouton vers une autre définition.
Il n’existe pas d’autre définition du jazz que celle d’une expression libre et sans carcans.
L’état de la société et les technologies du moment teintent les âges de la chose. Politique locale, électrification des instruments sont les premiers instruments des « sans parole ». A défaut de pouvoir s’exprimer avec un langage classique – la parole ou l’écrit – les idées les contournent par la corporalité. Le dixieland ou le ragtime, puis le swing et le rock ont tous cela en commun que, sans offenser la bien-pensance, ils imposent doucement un mouvement… un swing.
La limite imposée par les règles de bienséance s’en voit toute retournée.
La pensée n’en est pas exempte. Déjà la musique classique interpellait une certaine mathématique de l’esprit, un charme sournois à l’insu de notre plein gré. Un demi-sourire de compréhension apparaissait déjà sur les visages. Infinie subtilité distillée par un compositeur, un chef d’orchestre puis par l’interprète lui-même. Le temps passe accompagné de son ange…
Intellectuel et charnel, divers et varié, facile ou sombre, musique expérimentale, le jazz est le terme générique pour un fourre-tout jouissif.
Sans apriori, le voyage hors, ou à travers le temps, est garanti. Un remède imparable à l’anxiété environnante à défaut d’une nuit d’amour.


