A Epesses, le Championnat du monde de Tracassets fait le plein et embarque toute une région
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Portée par ses bénévoles, des pilotes plus qu’inspirés et le public venu en nombre – près de 6000 personnes selon les organisateurs – la 24e édition du Championnat du monde des tracassets a confirmé son statut d’événement à part.
Il suffisait de se laisser porter par le bruit de la foule, les encouragements et les éclats de rire pour comprendre que quelque chose se passait à Epesses. Sans parler des voitures encolonnées le long de la route de la Corniche. Dès les premières heures de la journée, les ruelles du village se sont remplies, jusqu’à ne plus vraiment désemplir. Sur les talus, le long du parcours ou aux abords de la ligne d’arrivée, le public s’est massé pour assister à ce spectacle qui se tient tous les deux ans. « On sent que les gens sont là pour passer un bon moment, il y a une ambiance incroyable », glisse Florence Gross, bénévole et membre du ski-club d’Epesses.
Derrière le côté décalé des engins, ces fameux tracassets à trois roues, se cache une mécanique bien rodée. Ici, pas de course au sens strict. Les participants s’élancent sur un parcours exigeant, uniquement en montée, avec un seul objectif : offrir des sourires avant de franchir la ligne d’arrivée.
Trois roues, pas de chrono, mais un état d’esprit
Le chronomètre, lui, ne fait plus la loi. Un temps limite est fixé, mais ce sont l’originalité des véhicules, la maîtrise et l’esprit qui sont jugés. Un jury, installé au cœur du village, observe et attribue les points. La compétition se divise d’ailleurs en deux temps : une parade, où les tracassets sont évalués pour leur décoration, puis une épreuve d’habileté sur le parcours. Des engins que les équipages, composés d’au minimum deux personnes, doivent conserver intacts tout au long de la journée, sous peine d’être déclassés.
« Depuis deux éditions, on a vraiment voulu sortir de la logique de vitesse pure. L’idée, c’est de remettre en avant le côté ludique, créatif, et surtout accessible à tous », explique Vincent Guex, président du comité d’organisation. « Ce qui compte aujourd’hui, c’est l’esprit, faire participer le public, le plaisir, plus que le chrono en lui-même ». Une philosophie qui n’empêche pas certains de chercher la performance. « Moi, j’aime bien aller vite, ça fait partie du plaisir », confie Sébastien Badoux, habitué des podiums et figure bien connue de la discipline.
Des mois de préparation pour une journée hors du temps
Si le spectacle semble couler de source, il repose sur un engagement conséquent en coulisses. Plusieurs dizaines de bénévoles œuvrent avant, pendant et après l’événement pour que tout se déroule sans accroc. « C’est beaucoup de travail, mais on le fait avec plaisir. Quand on voit le monde et les sourires, ça vaut la peine », relève Florence Gross.
Du côté de l’organisation, la préparation s’étale sur plusieurs mois. « Rien ne s’improvise. Il faut coordonner les équipes, sécuriser le parcours, gérer la logistique. Le jour J, tout doit être prêt », résume un membre du comité.
Un investissement collectif qui dépasse largement le simple cadre de la manifestation. A Epesses, les tracassets font partie du paysage. Longtemps utilisés dans les vignes en terrasses, ces engins à trois roues ont traversé les générations avant de devenir, au fil des éditions, le cœur d’une fête bien ancrée.








