Raymond Chappuis, de Vulliens, s’en est allé

Avec son vélomoteur, auquel était attelée sa remorque, il en a fait des kilomètres!

Martine Thonney  | La photo ci-jointe est emblématique de Raymond Chappuis. Homme de terrain, soucieux du bien de ses fleurs et de son entourage, organisé dans son travail, il a quitté cette terre pour rejoindre Jeannine, son épouse décédée il y a tout juste une année. Raymond était né le 22 novembre 1926, à Vulliens, dernier fils d’Octave et d’Ida. Il avait deux frères Gaston et Adolphe. Sa maman, tombée malade, avait confié à sa soeur Germaine habitant à Vucherens son petit dernier, le temps de se guérir. Raymond se souvenait de son long séjour dans le village voisin où «la guerre des boutons» n’était pas qu’un livre, mais la dure réalité. Vulliens et Vucherens n’étaient pas copains, en ce temps-là… Son école terminée, Raymond a fait un apprentissage de charron dans le Nord vaudois où il a fait la connaissance de Jeannine. Ils se sont mariés à Mézières le 5 décembre 1953 et ont vécu 3 ans dans ce village où Raymond travaillait de son métier dans l’atelier d’Aloys Degex. En 1956, le couple a pu acheter le Pâquier (prononcez le Pâquis!) à Vulliens. Il a été nommé employé communal et son savoir-faire lui a été utile pour toutes les réparations qu’il a été amené à concrétiser. Les deux refuges communaux sont en grande partie son oeuvre car aller en forêt faisait partie de son mandat, et en l’occurrence le mandat était aussi sa passion! Il a été longtemps d’ailleurs du comité des Amis de la forêt. Son travail d’employé communal était effectué avec rigueur; avec son vélomoteur auquel était attelée sa remorque, il en a fait des kilomètres! A ses heures de loisirs, Raymond aimait chanter; d’abord à L’Echo du Jorat de Vulliens puis à L’Espérance de Mézières. Sa voix de ténor et sa bonhomie faisaient fureur dans les rôles qu’il interprétait avec conviction. Lors des girons, il était aussi bien chanteur que cuisinier et cantinier, toujours avec sérieux et gentillesse même sous la neige de mai 1977… A sa retraite en 1988, Raymond a aimé s’occuper de son jardin, a collaboré pour moult travaux à l’EMS La Châtelaine, à Moudon, a passé de beaux moments avec sa famille et ses fidèles amis. A la fin de 2018, Raymond rejoignit Jeannine à l’EMS La Faverge à Oron et c’est là qu’il est décédé lundi 9 mars dernier. Carole a rendu hommage à son grand-papa lors du service funèbre; elle se souviendra de mille gestes et du vélomoteur! Les autres petits-enfants ont souri avec émotion à ces évocations. La fille aînée Chantal, porte-parole de sa soeur Josette et son frère Jean-Philippe a remercié leurs parents par un poème. Raymond est revenu dans son village, le temps du recueillement mené par le diacre de la paroisse Bertrand Quartier. Le chant «Heureux celui qui revoit sa patrie» de Morax et Doret vibrait au coeur de tous ceux qui l’ont chanté avec Raymond en d’autres lieux et d’autres temps. Dans la chapelle, endroit qu’il avait tant de fois chauffé, nettoyé et bichonné, tournoyaient bien des souvenirs qui maintiendront vivante la mémoire de Raymond Chappuis et de Jeannine, évidemment.