Oron-la-Ville – Des expositions artistiques pour fêter 60 ans d’art de la coiffure

Les commerçants du coin

Gil. Colliard  |  Depuis 60 ans, «Gremaud coiffure féminin & masculin» fait partie du paysage d’Oron-la-Ville. Le parcours de deux générations de maîtres du ciseau a suivi l’évolution de la région et de la société. Afin de marquer ce jubilé, 3 expositions artistiques d’un mois chacune ont été programmées. 

Claude, Gilberte et Paul Gremaud devant le salon

Opportunité de reprendre un premier salon à Oron-la-Ville 

Dans le spacieux salon de coiffure, au 6 de la route de Palézieux, rencontre avec Paul et Gilberte Gremaud, les fondateurs et leur fils Claude, actuel maître des lieux, qui acceptent avec gentillesse et courtoisie de partager ce parcours de vie. Paul est né en 1933 à Oron-le-Châtel, où ses parents tenaient le café de la Chavanne et avaient un petit train de campagne. «La vie y était rude» se souvient-il. Ses dernières années scolaires en internat à Romont achevées, il a effectué son apprentissage de coiffeur pour messieurs à Fribourg et l’a complété à Lausanne pour la coiffure dames. Après avoir travaillé à Lausanne et à Neuchâtel, il eut l’opportunité de trouver, en 1955, un emploi à Oron-la-Ville dans le salon, côté temple, qui allait devenir le sien fin septembre 1958. En 1956, il avait uni sa vie à Gilberte, qui alors n’a pas hésité à faire l’école de coiffure à Lausanne pour devenir une collaboratrice précieuse. Le couple s’installa à Oron-la-Ville en colocation avec un dentiste qui venait pratiquer trois fois par semaine dans l’appartement. En 1961, le jeune coiffeur, grâce à son inscription à la maîtrise fédérale, obtenue en 1964, put engager sa première apprentie. «Nous avons été, il y a deux ans, invités à fêter ses 70 ans!» sourit Paul qui a une façon charmante de relater des anecdotes, dont celle de son épouse, qui dans le cadre de l’école de coiffure, avant-gardiste pour l’époque, avait effectué une coloration gris platine. Promenant le landau avec son premier enfant, elle avait été prise pour la grand-maman du petit. Aussitôt de retour à la maison, il fallut tout l’art du mari pour repigmenter la chevelure de l’épouse. 

1962

 

1962

Parents – fils, une association basée sur le respect et la fierté 

Au fil des ans, le salon se modernisa. En 1962, les cabines, fermées par un rideau, dans lesquelles les clientes venaient, dans le secret, recouvrir leurs cheveux blancs, furent supprimées pour gagner de la place. En 1969, la disposition du salon fut refaite. En 1992, la tapisserie à fleurs a disparu au bénéfice d’un décor aux teintes violines. Entretemps, la famille s’était agrandie. Jean-Paul, Claude et Yves ont chacun choisi leur chemin. Seul Claude est resté dans la coiffure et a effectué son apprentissage au salon de ses parents entre 1976 et 1980 puis a continué sur sa lancée pour obtenir la maîtrise fédérale dames et messieurs en 1985 et 1986. «Nous nous sommes associés en 1985. Claude est arrivé avec la force de sa jeunesse et avec de nouvelles méthodes glanées dans ses nombreux stages. Nous avons toujours été respectueux l’un et l’autre et cultivé une belle entente qui a été précieuse pour tout le monde» explique Paul qui put dès lors devenir maître auxiliaire à l’école professionnelle (Epsic) de Lausanne et donner des cours pratiques aux apprentis de 1re année. Dès l’ouverture de l’EMS, La Faverge, en 1988, Gilberte prit plaisir à s’y rendre pour coiffer les résidents jusqu’en 2007. En 2000, Paul déposa ses ciseaux.

1972

1972

Changement de locaux et de logo

En 2006, alors qu’à plusieurs reprises, la banque voisine aurait voulu s’étendre en englobant le salon de coiffure, ce fut elle qui, déménageant, céda sa place à
«Gremaud Coiffure féminin & masculin». Un nouvel espace, clair aéré, moderne, agréable pour la clientèle et plaisant pour le personnel vit le jour, de même qu’un nouveau logo. Claude rassembla son personnel et abandonna le petit salon «Délit de charme» qu’il avait repris auparavant. «Avec Sylvia, Nathalie, Florence, Mélanie et Gaëlle, je suis entouré d’une équipe de coiffeuses fidèles qui travaillent dans le respect, sans esprit de concurrence» se réjouit le patron. En comptant Nathalie et Mathilde, en formation actuellement, ce sont plus de 70 jeunes qui ont appris le métier à Oron. Les temps et les habitudes ont changé. Finis les rushs de Pâques, de Noël, des confirmations, les gens viennent plus régulièrement, simplifiant la gestion. Etre ouvert aux nouvelles techniques et produits a toujours été dans la philosophie du salon. «Il y a un petit côté délicat à rester à la mode et en même temps fêter ses 60 ans!» plaisante Claude qui pour l’occasion a fait appel à des artistes qui lui sont chers. Le mois de mai sera dédié aux œuvres de Marcel Dorthe, artiste-peintre, bien connu dans la région et loin à la ronde. En septembre, les belles photos de son frère aîné, Jean-Paul, orneront les murs et en décembre ce sera la douceur des aquarelles de Marianne Bosshard, qui charmera la clientèle. L’équipe se réjouit de nous accueillir, ce mois de mai, pour nous faire profiter de ces créations qui sauront apporter quelques émotions intenses et bienvenues.

1992

Gremaud coiffure féminin & masculin Route de Palézieux 6, 1610 Oron-la-Ville, 021 907 71 48 – Ouverture du mardi au samedi.