Voile – Rolex SailGP Championship
Rolex SailGP est probablement la compétition nautique la plus spectaculaire au monde, faisant escale dans des villes emblématiques aux quatre coins du globe.

Des catamarans à foils de 50 pieds, tous identiques et pouvant dépasser les 100 km/h, équipent chacune des treize équipes.
L’événement est d’ailleurs tel que, dans le public, certains demandent si l’usage d’un moteur est autorisé par manque de vent ou pour soulever le bateau sur ses foils, des questions posées par des inconnus de la voile qui n’auraient manqué ces épreuves sportives pour rien au monde.
Pour éviter tout risque de collision dans cette 11e des 13 Rolex Switzerland Sail Grand Prix, l’organisateur a composé deux groupes : A pour la Suède, l’Allemagne, l’Espagne, la France, les USA, le Danemark et le Brésil, et B pour l’Italie, le Canada, la Suisse, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Grande-Bretagne. L’équipe suisse sur l’eau est composée de Sébastien Schneiter, conducteur, Maud Jayet, stratège, Arnaud Psarofaghis, régleur d’aile, Bryan Mettraux, contrôleur de vol, Arno de Planta et Matt Gotrel, grinders (manivelles).
Faute de vents soutenus, les conditions permettant de naviguer sur foils étaient limitées. Ceux qui ont su lire les bascules de vent et dénicher les risées ont marqué des points, tandis que la moindre erreur pouvait s’avérer problématique. Nathan Outterridge, le barreur du team suédois Artemis, déclarait samedi : « Chaque course compte, les points ne comptent pas plus ici qu’à Perth. C’était une journée plutôt bonne, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir demain. Les départs sont d’autant plus cruciaux que la ligne est courte. » Diego Botin, le barreur espagnol, ajoutait que la charge mentale était élevée.
« C’était une journée délicate pour nous, a déclaré samedi le pilote suisse Sébastien Schneiter. Ça n’a pas très bien commencé, mais nous avons su rebondir en équipe et réaliser une bonne dernière course. Nous sommes donc motivés et prêts pour demain. Les écarts sont très serrés, il faut donc aborder les courses les unes après les autres et viser la victoire. Pour être honnête, je ne me souvenais pas que courir sur un lac était aussi stressant. Nous ne volions pas énormément sur les foils, mais la course reste passionnante. C’était génial de voir autant de soutien à terre : on sent vraiment l’appui du public. Avec le vent faible, j’entendais les spectateurs qui étaient vraiment derrière nous. »
Samedi, nous avons demandé à Maud Jayet quel avait été son parcours depuis notre dernière interview, la veille de son départ aux JO de Pékin en 2021. Beaucoup de changements sont intervenus puis deux titres consécutifs de vice-championne du monde suivis d’une 4e place aux JO de Paris, qu’elle ressent comme une déception. Sa nouvelle passion se résume aujourd’hui aux voiliers rapides dotés de foils. Depuis fin 2024, l’équipe suisse de Sail GP l’occupe en effet à plein temps comme stratège, une activité magnifique qui l’appelle à progresser encore sur ce type de voiliers. Une magnifique manœuvre a d’ailleurs permis à l’équipage de remonter de la 6e à la 3e place dans la troisième course.
Et dimanche, en effet, Explora Journeys Swiss remportait sa seconde victoire, la menant en finale, mais le team termine malheureusement au pied du podium. Diego Botin pour le team espagnol Los Gallos occupe la plus haute marche. La deuxième revient à l’Australien Tom Slingsby pour Bonds Flying Roos et la troisième au Danois Nicolai Sehested pour Rockwool Racing. Malgré son avance au classement général, l’Australien avouait : « Nous avons bien navigué, pris un excellent départ en finale et creusé un bel écart avant l’ultime tronçon, pour finalement tout laisser filer. Nous naviguons vraiment bien, donc le sentiment est doux-amer. Je ne suis jamais satisfait d’une deuxième place. Finir ainsi deux fois de suite après avoir mené la course, c’est ce qui me pèse le plus. Mais en tant qu’équipe, nous atteignons un niveau de navigation inédit. »
En tête du classement général, Tom Slingsby et son équipe devancent Diego Botin pour l’Espagne et Nathan Outteridge sur le bateau suédois. Le barreur espagnol déclarait : « Ce fut une journée riche en rebondissements, avec plus de courses que prévu. Nous étions qualifiés pour la finale, puis nous ne l’étions plus, avant de l’être à nouveau. Nous savions que tout était possible et que tout se jouerait sur la dernière course. C’est exactement ce qui s’est passé. Nous sommes ravis de cette victoire. Je pense que nous avons très bien travaillé dans ces conditions de vent faible, alors que c’était probablement le domaine où nous nous sentions le moins à l’aise. C’est donc un excellent coup de pouce pour la suite de la saison. » Explora Journeys Swiss se classe 9e et a ravi le public en remportant deux victoires.
Il reste cette année deux événements de la Rolex SailGP Championship, à Dubai les 21 et 22 novembre, puis les 28 et 29. Malgré son succès et la capacité à recevoir 6000 spectateurs contre 4000 l’an dernier, aucune course n’aura lieu à Genève en 2027. On trouvera des précisions sur le site sailgp.com/teams/teams-overview.

© Jonathan Nackstrand for SailGP

© Ricardo Pinto for SailGP

© Jonathan Nackstrand for SailGP

© Ricardo Pinto for SailGP


