Voile – Nos navigateurs vaudois ont fait honneur à la série des 6mJI


Le 6 Mètre JI est un voilier élégant qui mesure entre dix et onze mètres. Six mètres ne sont donc pas la longueur du bateau, mais sa jauge définie par une formule. Nés au début du XXe siècle, les voiliers de la Jauge Internationale (JI) ont concouru aux Jeux olympiques, servi de laboratoire aux plus grands architectes et restent aujourd’hui l’une des classes métriques les plus actives.
Organisé par la Société Nautique de Genève, le championnat suisse de la série a commencé le 13 juillet. Il a été suivi par le championnat d’Europe du 18 au 24 juillet avec huit régates de très haut niveau. Si une partie des concurrents provient du Léman, les autres sont venus d’Allemagne, de Finlande, de Grande-Bretagne, d’Espagne, des Pays-Bas, d’Italie, de Suède, des Etats-Unis, de Grèce et de France, mais aussi d’autres lacs suisses, soit en tout 50 voiliers, 12 nations et 250 régatiers.
Championnat suisse des 6mJI
Bien connu sur le Léman, Eric Monnin, du Segelclub Stäfa, champion international en match-racing et vainqueur à de nombreuses reprises sur D35, s’est imposé dans la catégorie Open (les voiliers modernes et 19 inscrits) à bord de Duclop. Il a devancé Jan Eckert sur Ginkgo Too et Loic Forestier sur Junior. Derrière Michel Vaucher du Club nautique de Grandson sur Saint-Francis, Nicolas Jaton, du CNLy, a terminé 9e sur Irène, un magnifique voilier dessiné par Pelle Peterson et lancé en Suède en 1979. L’équipage est même parvenu à la troisième place à la troisième des 4 régates.
Dans la catégorie Classic et 28 équipages inscrits, c’est Violeta Alvarez (GBR) sur Erica qui s’est imposée devant le Finlandais Ossi Paija sur Astrée III et l’Italien Andrea Bianchedi sur Dan, le premier suisse, Richard Vogel, se classant 7e sur Ylliam IV. Antonin Bocherens, du CVVi (Villeneuve), a fini 9e sur Saskia II, un voilier peu toilé peu à l’aise par petit temps.
Championnat d’Europe
Dans la catégorie Classic, 31 unités d’un niveau professionnel, c’est le voilier Bribon skippé par Ross MacDonald qui s’est imposé devant Violeta Alvarez et le Thurgovien Reinhard Suhner. Le voilier vainqueur appartient à Sa Majesté le roi Juan Carlos, âgé de 86 ans, qui a suivi toutes les régates avec passion et a même participé à deux d’entre elles. Le deuxième suisse du classement, Philippe Durr, a terminé 7e au classement général, ce qui illustre la qualité du championnat, lui qui avait remporté quatre titres mondiaux dans cette classe. L’équipage mené par Antonin Bocherens, du CVV, il a terminé 11e. Un des souvenirs marquants que le barreur rapporte du championnat a été une quatrième place devant Bribon, un des voiliers les plus rapides du championnat. L’autre 6m portant le pavillon de Villeneuve a fini 10e, c’est Beausobre de Jean-Daniel Guex qui a même réalisé l’exploit de gagner la régate 6.
Eric Monnin a remporté le championnat dans la catégorie Open à bord de Duclop, devant Jamie Hilton sur Eau Vive et Dieter Schön, champion du monde de la série en 2022, sur Momo. On retrouve à la 12e place Irène barré par Nicolas Jaton. Les cinq membres de l’équipage sont tous du Club nautique de Lutry. Seul voilier de Lavaux engagé dans ces régates, Irène est un classique rénové en 2025, rapporte Guy Minder, pourvu d’ailettes à l’extrémité de la quille, ce qui lui confère un meilleur cap et améliore la portance. Le voilier est le plus long à la flottaison mais le moins toilé des 6mJI. Un autre Vaudois, Michel Vaucher du Club nautique de Grandson, a terminé 9e sur Saint-Francis.
En conclusion, nos équipages vaudois sont des passionnés qui ont fait honneur à la série, mais ils restent, et c’est tout à leur avantage, des amateurs parmi des professionnels dont le budget peut atteindre deux millions.
Définition de la série
Mais qu’est-ce qu’un 6mJI ? En 1906, la Règle internationale a été introduite pour remplacer les différents systèmes de handicap alors en vigueur. La jauge est basée sur une formule donnant aux voiliers une longueur théorique traduisant leur vitesse potentielle, exprimée en mètres, calculée à partir de certaines caractéristiques du bateau. Le Six Mètres s’imposa rapidement et fut sélectionné comme classe olympique en 1908. Aujourd’hui, les flottes actives en Europe, en Amérique du Nord et en Scandinavie sont florissantes. Tous les voiliers sont similaires, mais différents, nous explique encore Guy Minder. Ce sont donc des unités uniques et des bateaux d’architecte.
Organisation
Le comité d’organisation a effectué un travail exceptionnel et déployé de gros efforts pour contacter les concurrents potentiels. Les membres de la capitainerie ont déplacé tous les bateaux amarrés sur la jetée nord, puis placé les voiliers sous le restaurant par année de construction, de 1930 à 2025. La mise à l’eau de ces voiliers a demandé un travail intense que les membres ont eu du plaisir à effectuer. Enfin, le restaurant a réalisé un exploit en servant 400 couverts lors de la soirée de gala du mercredi.
Météo
Les conditions météo ont été compliquées durant le championnats suisse, avec une alternance de séchard et de vent du sud-ouest qui a contraint les organisateurs à déplacer les parcours à plusieurs reprises. Les airs se sont ensuite stabilisés pour le championnat d’Europe qui a bénéficié d’une bise faible à modérée.
Le futur
Au-delà de son niveau sportif exceptionnel et de son ambiance chaleureuse, cette édition restera comme une référence pour la classe internationale des 6mJI. Pour la Société Nautique de Genève, l’organisation de ce double championnat constitue une nouvelle démonstration de son savoir-faire dans l’accueil de compétitions internationales.
Le classement complet ainsi que des photos sont disponibles sur : https : //www.nautique.ch/6mji/
Pully – Semaine du Soir du 10 au 14 août

La Semaine du Soir de Pully, du 10 au 14 août, réunit habituellement une quarantaine d’équipages majoritairement répartis entre les clubs nautiques de Pully et de Lutry. Les voiliers portant pavillon rouge, les plus rapides, partent cinq minutes avant ceux battant pavillon vert, plus lents, et peuvent effectuer un tour de plus, selon les conditions et l’appréciation du comité de course.
Le parcours est de type banane et les départs sont donnés dès 19 heures. Animation et repas tous les soirs.
L’an dernier devant 12 concurrents, l’équipe « Rouge » à Quentin de Kerchove remportait l’épreuve à bord de Rantanplan, un UFO 28, alors que chez les 31 Verts engagés, c’est Max Rickli qui gagnait la Semaine à la barre de son Melges 20 Poursuite.
Samedi 15 août à la Pichette, le départ de la régate Plein Soleil sera donné à midi au large du port pour un parcours triangulaire que dominait l’an dernier Solaire à Christian Dick.
Les prochaines régates auront lieu le 13 septembre à Pully, le 26 à Lutry et à la Pichette et le 25 octobre à Moratel, mais nous en reparlerons.



