Vitiviniculture – Un nouveau plan pour gérer le vignoble de Lavaux
« Lavaux, vignoble en terrasses » tient son nouveau Plan de gestion. Le document stratégique a été signé lundi à Cully par des représentants du canton de Vaud et des dix communes territoriales de Lavaux. Etalé sur dix ans, il vise à pérenniser l’inscription du site sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.


Ecrit par Diane Zinsel avec Justine Brand | Ce nouveau Plan de gestion est « un acte fort, un acte qui engage, un acte qui compte », a annoncé la conseillère d’Etat Isabelle Moret, en charge de l’économie, de l’innovation, de l’emploi et du patrimoine, devant un public venu en nombre à l’Union Vinicole de Cully pour assister à la signature officielle du document. La révision de l’ancien plan, devenu caduc en 2013, était requise par l’Unesco.
La mise en œuvre de ce plan est devenue d’autant plus essentielle, à l’heure où la viticulture suisse et mondiale font face à de grandes difficultés. « C’est le vignoble en terrasses qui est inscrit à l’Unesco depuis 2007. Or, sans mesures claires et efficaces pour le préserver, il est directement menacé », explique Vincent Bailly, directeur de l’association Lavaux Patrimoine mondial (LPm). En ce sens, cette révision n’a pas pour mission « de tout prescrire, mais de donner un cap, de rassembler » afin d’assurer « la préservation durable du site de Lutry à Corsier-sur-Vevey, du bord du lac au haut du Dézaley », ajoute Alain Bouquet, syndic de Chexbres.
Trois axes
Divisé en trois axes, le nouveau document, qui compte 52 mesures, vise premièrement à préserver « l’intégrité et l’authenticité » de Lavaux en tant que paysage culturel vivant et évolutif. « Dans ce cadre, il s’agit de mieux intégrer la protection des périmètres concernés dans les outils de planification territoriale », illustre Vincent Bailly, gestionnaire du site.
Le deuxième axe rassemble toutes les mesures qui consolident le vignoble comme un espace économique viticole dynamique, durable et rentable, car « la protection du site passe obligatoirement par une viticulture rémunératrice », relève Vincent Bailly. Face à la crise vitivinicole actuelle, Isabelle Moret rappelle que si « les terrasses en Lavaux sont une fierté pour tout le canton, celles-ci ne pourront perdurer que si les vins continuent à être achetés et valorisés » et si « nous encourageons et soutenons la relève », complète Blaise Duboux, vigneron à Epesses et vice-président de LPm.
Le troisième axe a pour objectif de renforcer « la compréhension et l’adhésion » des habitants et visiteurs à la valeur de la région. Dans l’idée que chaque habitant en devienne, à terme, l’ambassadeur, souligne Vincent Bailly. L’enjeu est aussi d’améliorer la cohabitation et la communication entre la population et les vigneronnes et vignerons qui ne se comprennent pas toujours.
Qui est responsable de quoi ?
« Ce document stratégique définit le “qui”, le “quoi” et le “comment” ainsi que les responsabilités des parties prenantes », précise Alberto Corbella, conservateur cantonal et président du comité de pilotage (COPIL). Celui-ci a réuni durant 36 mois des représentants du canton, des communes territoriales, de la filière vitivinicole, de l’économie et du tourisme, ainsi que l’association Lavaux Patrimoine mondial. Les offices fédéraux compétents et les milieux académiques ont également été associés au processus.
Le coût de ces mesures n’est pour l’heure pas quantifiable, mais il faut bien penser que « plusieurs millions seront nécessaires rien que pour l’entretien et la remise en état des 450 kilomètres de murs patrimoniaux », relève Vincent Bailly. Quant aux délais, ils n’ont pas été fixés dans le plan, mais les acteurs en présence devront rendre des comptes périodiquement à l’UNESCO. Une bonne occasion, selon le gestionnaire du site, de « faire le point et de se montrer critique envers ce plan qui se veut réaliste, réalisable, mais surtout évolutif ». Tous les intervenants rappellent que ce plan n’est pas une fin, mais un point de départ qui nécessitera un engagement collectif.



