Vini Viti Vici ?
Curieuse actualité vigneronne où se confrontent la colère des producteurs de Lavaux face à la désertion des grands acheteurs, alors que ce lundi a été signé le plan de gestion « Lavaux, vignoble en terrasse » qui promeut, entre autres, un espace viticole durable et rentable…
Il est vrai, que lorsqu’il s’agit de producteurs du terroir, vin ou lait, nous n’en sommes plus à une contradiction près.
Cette contradiction relève plus d’un grand écart entre visions cantonales et fédérales, et ça fait mal… là !
10 % des récoltes 2026, un septième chez certains, ne trouveront pas preneur auprès des gros acheteurs cette année faute d’espace de stockage. L’interprofession préconise l’arrachage immédiat de ces 10 % des vignes aux productions excédentaires.
Les maisons Schenk et Terres de Lavaux n’achètent plus, poussant les producteurs à faire le grand écart eux-mêmes entre court et long terme, arracher ou être peut-être, telle est la question. Sachant que le vin produit devait à l’origine être écoulé selon les prix de l’appellation d’origine contrôlée (AOC), permettant ainsi au vigneron de (sur)vivre, il le sera entre 1 et 2 francs le litre ! Est-ce là le prix du labeur du vigneron ? ! Position intenable.
Mais tenez-bon ! l’aide arrive ! Si j’ose citer le sultan Trump… Une aide promise de 13,7 millions du canton, prolongée de 10 millions au niveau fédéral l’automne dernier et… toujours bloquée aux deux niveaux cités. Il faudrait peut-être envisager, si les possibilités s’offraient et avec l’accord éventuel et sous conditions de tous, de mettre un frein à notre immobilisme.
Coup de théâtre, c’est chose faite depuis ce lundi, et pour une durée de 10 ans : la protection du site « Lavaux, vignoble en terrasse » est actée et signée. L’intégrité du paysage exceptionnel est préservée, l’espace économique rentable est consolidé et les habitants et visiteurs marcheront désormais à l’unisson. Nous voilà rassurés, Lavaux l’a échappé belle !… Si l’on en croit les écrits.


