Rink-hockey – La Suisse souffre, la France exulte
Les Mondiaux se sont déroulés à Asunción, au Paraguay, la semaine dernière. Parmi les participants, deux Pulliérans qui ont souffert avec la Suisse et assisté au sacre de la France.

Au terme d’une compétition d’un très haut niveau, ce sont les Français qui, pour la première fois de leur histoire, ont décroché le sacre mondial en battant l’Argentine après prolongations et tirs aux buts. Un succès qui doit beaucoup au gardien Pedro Chambel, qui a fait mentir sa réputation de maillon faible, et à Carlo di Benedetto, auteur de 3 buts sur 4 balles arrêtées durant la finale.
En s’imposant à deux reprises face à l’Argentine durant ces World Games ainsi qu’une fois contre le Portugal, la France a démontré que son équipe était arrivée à maturation. Les trois frères Carlo, Roberto et Bruno di Benedetto, accompagné notamment d’un excellent Marc Rouzé, 22 ans seulement, sont désormais sur le toit du monde. Quel parcours pour cette fratrie qui, issue des juniors du club de Noisy-le-Grand, en banlieue parisienne, fait désormais partie des meilleurs professionnels du championnat portugais !
La médaille de bronze est revenue au Portugal, justement, auquel le titre mondial échappe depuis 2019, tandis que l’Espagne, championne du monde en titre, finit à un 4e rang peu en rapport avec ses ambitions. La plus grande déception vient toutefois de l’Italie, qui termine 7e, son plus mauvais classement depuis 17 ans.
La Suisse, de son côté, n’a pas pu échapper au 8e et dernier rang de la compétition. Propulsée dans le groupe mondial à la suite du désistement de l’équipe d’Andorre, elle n’a pas fait le poids face aux cadors de la compétition, même si ses deux derniers matchs, notamment avec une courte défaite contre l’Italie, lui ont permis de sortir de la compétition la tête haute.
Questions aux deux Pulliérans, le gardien Guillaume Oberson, dont c’était le 7e Championnat du monde, et à l’attaquant Jérémie Loye qui participait à ses deuxièmes Mondiaux.
Au-delà des résultats, qu’est-ce que vous retiendrez de ce séjour au Paraguay, sur la piste comme en dehors ?
Guillaume Oberson : Sur la piste, je retiendrai surtout l’expérience d’avoir une nouvelle fois affronté les meilleures nations du monde. Même après toutes ces années en équipe nationale, participer à un Mondial reste quelque chose de particulier. Evidemment, les résultats sont difficiles à accepter, mais il faut aussi savoir regarder la réalité en face et en tirer des enseignements.
Jérémie Loye : En dehors de la piste, ce sont les moments vécus avec le groupe qui vont rester. On a partagé beaucoup de choses, des émotions, des passages difficiles, mais aussi de très bons moments. Ce sont ces souvenirs et ces relations humaines qui restent bien après la fin d’une compétition.
Vous saviez que le niveau serait très élevé, mais vous attendiez-vous à des écarts aussi importants ?
Loye : On savait parfaitement où l’on mettait les pieds. Le Portugal, l’Italie ou l’Espagne sont des nations qui évoluent dans une autre dimension que la nôtre. Après, connaître la différence de niveau ne signifie pas qu’on doit accepter de tels écarts. On aurait pu mieux faire sur certains matches, notamment dans notre organisation défensive et notre manière d’aborder ces rencontres.
Oberson : Il faut être lucide sur notre niveau et jouer avec nos moyens. Ce n’est pas une honte d’admettre qu’on est une petite nation du rink-hockey face à ces équipes. Au contraire, c’est en acceptant cette réalité qu’on peut construire un plan de jeu cohérent et devenir plus compétitifs, mais pour avancer il faut un plan et un projet !
France-Argentine en finale, une surprise pour vous ?
Oberson : Absolument pas. L’Argentine en finale, ce n’est évidemment pas une surprise. Pour la France, c’est une belle performance, mais ce n’est pas non plus un hasard. Les Français ont énormément progressé ces dernières années et disposent de joueurs qui évoluent au plus haut niveau dans les meilleurs championnats. Ce qui manque cruellement à la Suisse.
Loye : C’est aussi la preuve qu’avec du travail, de la continuité et un véritable projet sportif, une nation peut franchir des étapes importantes.
Samedi prochain, à 17h30, retour au championnat suisse avec un Diessbach – Pully, contre trois joueurs de l’équipe nationale.
Comment abordez-vous cette rencontre ?
Loye : C’est toujours particulier de retrouver des coéquipiers de l’équipe nationale en championnat, surtout quelques jours après avoir partagé une aventure aussi intense.
Oberson : Mais une fois sur la piste, chacun défend les couleurs de son club. On se connaît très bien, il y aura certainement quelques sourires et quelques petites provocations, mais l’objectif sera évidemment de ramener les trois points à Pully !
Pado Dupertuis


