Ô Tempora ! Ô Mores !

Tamedia, 31 départs dont 24 licenciements et Ringier ne semble pas en reste…

Sacrifiés sur l’autel de la sacro-sainte rentabilité, à laquelle nous nous devons tous de rendre allégeance, les journalistes subissent une loi non-écrite selon laquelle l’actualité et le futur de l’information résiderait uniquement dans les réseaux et les plateformes d’informations immédiates. Les dépêches d’agence et les avis d’internautes remplacent donc déjà le travail du journaliste… Brillante analyse !

Exit les avis éclairés et réfléchis, les enquêtes de fond et les analyses pondérées, bienvenue à l’émotion pure et surtout sa publication immédiate ; le temps est un luxe, un jour ou une semaine, et le sujet est oublié, passons au Buzz suivant… illico !

La cause ? La publicité s’est déplacée sur le net, les médias papiers sont donc privés de leurs annonceurs, la bonne affaire ! Dans le cas de Tamedia, il s’agit d’une décision délibérée : séparer le papier du web, séparer les pertes des profits. En lieu et place de jouer la complémentarité, garder le cheval sain et achever l’autre !

Curieusement est omis, cyniquement ou non, l’indéniable identité et le lien flagrant que représente – et que crée ! un journal local dans sa propre région ; quantité négligeable semble-t-il selon les pontes des grands groupes, aspect de la vie qui ne génère rien, ni de sonnant ni de vraiment trébuchant…

Ce lien et cette identité restent le cœur de votre hebdomadaire et, paradoxalement, les journaux de «micro-locale» (votre hebdomadaire, donc) s’en sortent un peu mieux… Allez ! On garde la locale et on vous passe le micro !