Moto – Une passion qui défie le temps
La course de côte des Old Timer de Corcelles-le-Jorat

Cette année marque la 27e édition, organisée comme toujours par le Team Girard, une équipe forte de quarante-quatre membres, animée par cette fidélité rare que seules les véritables passions savent entretenir. La création de la course de côte des Old Timer de Corcelles-le-Jorat remonte au 8 janvier 1998. En près de trois décennies, deux seules manifestations ont été supprimées, toutes deux pour cause de covid. A la tête de cette organisation se trouve Pierre-Alain Murisier président, secondé par Raymond Monod vice-président, Séverine Gothuey caissière, Sylvie Charnier et Lara Rezzonico secrétaires, ainsi que Julien Rochat, chargé du contrôle technique. Ces six membres du comité se réunissent au moins une fois par mois. Dès que la manifestation annuelle s’achève, ils tirent les enseignements de l’édition écoulée, dans le but de préparer la prochaine. L’histoire du Team Girard ne se mesure pas seulement au nombre de courses organisées. Depuis toujours, les éventuels bénéfices sont répartis entre deux œuvres auxquelles les organisateurs demeurent fidèles : la Fondation Renée Delafontaine (La Cordée) et la Fondation ISREC, l’Institut suisse de recherche expérimentale sur le cancer. Ainsi, derrière le vacarme des moteurs et l’apparente frivolité de la compétition se cache une générosité bien réelle.
De 1950 à 2023, souvent pétaradants
Cette année 150 coureurs, dont plus d’une centaine de pilotes de motos individuelles et trente-quatre équipages de side-cars, ont répondu présents. Tous semblent éprouver ce plaisir communicatif que donnent les choses accomplies par passion plutôt que par obligation. De Gérard Duchoux, d’Uvrier, juché sur sa Benelli 350 Quattro de 1953, à Stéphane Rubattel, d’Oron, au guidon de sa BMW M 1000 RR Superbike de 2023, un demi-siècle de mécanique semble défiler sous les yeux du public. Les machines, chacune portant en elle une époque, une histoire et souvent quelques secrets de mécanique jalousement conservés, rappelle que la passion de la moto ne connaît ni l’âge ni les modes. Chez les pilotes de side-cars, la même ferveur règne. Pascal Rochat, de Marin-Epagnier, sur sa Triumph Thunderbird 650 de 1950 associé à Alexandre Wenger, jusqu’à Alain Zurcher, de Pampigny, au guidon de sa ZEDEM 500 de 2020 et de Jérémy, étaient trente-sept équipages à s’affronter dans une épreuve dont la véritable valeur ne résidait peut-être pas tant dans le classement que dans le plaisir d’être là, de prendre le départ et de faire vivre une tradition. Français et Belges ne s’y sont pas trompé, ils étaient présents. Le nouveau syndic de Corcelles-le-Jorat, Benjamin Borlat, mécanicien automobile de formation et motard depuis l’âge de dix-huit ans, n’a pas manqué de rendre hommage à tous ceux qui font cette manifestation possible : organisateurs, pilotes et bénévoles.
Durant tout le week-end, le village de Corcelles semblait vivre au rythme des moteurs. Le rugissement des mécaniques à deux et quatre temps, les odeurs d’essence et d’huile, les conversations passionnées autour des machines et l’agitation des concurrents composaient une atmosphère singulière, presque intemporelle. Pourtant, derrière cette apparente agitation mécanique, une règle semblait dominer toutes les autres : le respect. Respect des concurrents, respect des bénévoles, respect du village et surtout, respect de la propreté des lieux.
Prochaine étape : les jeunes et la moto
La course de côte des Old Timer n’a pas fini de surprendre. L’âge des participants en est peut-être la plus belle illustration. Le plus âgé, Erwin Lämmier, fêtait ses 87 printemps, tandis que la plus jeune, Louane, n’en comptait que neuf ! Louane n’était d’ailleurs pas venue en simple spectatrice. Elle occupait la place du « singe », (nom donné au passager d’un side-car de course), aux côtés de Géraldine âgée de quatorze ans au guidon de la GSC Suzuki qui était en démonstration. De cette jeunesse, déjà conquise par la mécanique et la compétition, marque le signe encourageant d’une passion qui pourrait bien traverser plusieurs générations. Pierre-Alain Murisier nous confie que l’édition de l’an prochain pourrait ouvrir une nouvelle porte. Les jeunes de moins de seize ans seraient autorisés à participer à titre d’essai. Une catégorie leur serait spécialement réservée, hors compétition, avec un maximum de vingt concurrents. Voilà peut-être la meilleure manière de préserver l’avenir d’une passion : transmettre le goût du moteur, le respect de la mécanique et l’amour de la moto à ceux qui, aujourd’hui encore, regardent avec des yeux émerveillés les machines pétaradantes prendre d’assaut les pentes de Corcelles-le-Jorat. Les années passent, les hommes changent, les moteurs se taisent parfois, mais une passion véritable possède cette étrange faculté de renaître à chaque génération.
Tous les résultats de la course sur le site : www.team-girard.infoErwin







