L’école des fans
Tout le monde a gagné ! Quel extraordinaire scrutin où sitôt les chiffres définitifs tombés les défenseurs de l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions » s’autocongratulent sur les médias en n’oubliant pas de revendiquer une belle victoire. Cette initiative pour la durabilité porte bien son nom et montre une certaine constance chez les initiants, celle de garder la tête haute même devant l’échec. Je m’empresse de féliciter l’attitude hautaine en y posant un chapeau… bas.
Coutumiers du fait, ils le sont, mais hélas, il s’agit d’une habitude importée… de l’étranger. Ce nouvel usage politique mondial de ne jamais accepter l’échec et de l’habiller d’une contrevérité si flagrante que l’adversité, stupéfaite, en perd les mots. Effectivement, ce n’est pas, comme le terme l’indique, du « Swiss made ».
Si en politique seul le résultat final compte, les moyens d’y parvenir ne souffrent pas de scrupules. Les termes des textes soumis aux votants sont délibérément confus. La double négation de voter Non au Non à un pays à 10 millions ne veut pas dire Oui, au contraire. « On ne sait jamais, sur un malentendu ça pourrait marcher ! » Jean-Claude Dus chante encore sur son télésiège en voyant que son argument est encore valable, et qui plus est, pourrait rapporter des suffrages supplémentaires…
A l’aune du bonheur exprimé des deux côtés du spectre politique, on pourrait se dire que nous vivons dans le monde des bisounours. Tel n’est pas le cas, heureusement, les débats sont encore virulents, mais à l’heure du décompte, il s’agit de reconnaitre sa défaite. C’est encore et toujours, la meilleure manière de mettre un pied devant l’autre et d’avancer dans un projet commun.
Reconnaitre ses erreurs et accepter prosaïquement son échec reste le moyen le plus fiable (à défaut de tous les autres) de continuer à construire dans une diversité croissante et inéluctable.
L’école est bientôt finie, les fans sont légion si l’on en croit les maillots de foot arborés, mais à la finale le choix est fait. Prenons acte.



