Cinéma – Elena Avdija, un parcours vers les cascadeuses
Sortie au cinéma d’Oron, le vendredi 18 novembre, 20h
Depuis la semaine passée, le premier long-métrage de la réalisatrice jurassienne Elena Avdija est projeté au cinéma d’Oron ainsi qu’au cinéma Cityclub de Pully. L’occasion pour nous de relayer un parcours de réalisatrice aussi attrayant qu’atypique.

De l’UNIL à l’INA
Au moment de se choisir une voie professionnelle, à la sortie du lycée, Elena Avdija dit avoir été fascinée par les sciences politiques, celles qui permettent de comprendre les sociétés et les rapports de pouvoir qui les lient ou les opposent. De ces premières envies, la réalisatrice en devenir fait un bachelor en sciences politiques à l’université de Lausanne. Elle se rêve journaliste, écrit pour l’auditoire, le journal des étudiants de l’université de Lausanne. Au début de l’année en cours, à la table de Thierry Spicher à l’occasion de l’un de ses « make TV great again » (visible sur la chaîne youtube de Outside the box), elle se souvient du début de ses luttes féministes, et de sa découverte des études genre sur les bancs des amphithéâtres. Elle projette alors d’être chercheuse, et se retrouve caméra à la main dans un stage de sociologie de terrain. Ce premier contact au septième art ne la détourne cependant pas du cursus académique qu’elle imagine, puisqu’Elena Avdija part ensuite étudier la sociologie à l’Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales de Paris. Elle poursuit ensuite son cursus dans la même ville, avec un master de réalisation documentaire à l’INA. Elena Avdija semble ainsi avoir réalisé un parcours surprenant, qui prédétermine vraisemblablement le film engagé, pertinent, recherché et intelligent qu’elle propose aujourd’hui.
Trois cascadeuses et un sujet
Son film Cascadeuses prend pour objet trois femmes, comme trois versants d’un même sujet : celle du milieu de la cascade féminine pour les grands écrans. Cette zone d’ombre du cinéma est mise en lumière par la réalisatrice que les questions de genres préoccupent autant que les rapports de force plus globaux. Qu’est-ce que représentent ces femmes violentées à l’écran dans une société partiarcale ? Pourquoi la violence profite-t-elle au spectacle ? Les questions qu’elle pose sont ainsi pertinentes et subtiles. La réalisatrice suisse s’intéresse par ailleurs aux rôles secondaires de l’industrie cinématographique par plusieurs biais. Elle-même fréquemment employée par le cinéma dans le casting de figuration et de petits rôles, Avdija semble avoir trouvé une porte d’entrée passionnante pour des sujets universaux qu’elle connaît bien.
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charlyne.genoud@gmail.com


la réalisatrice de Cascadeuses
Cascadeuses
Documentaire, Elena Avdija, Suisse, 2022, 84′, VF, 6/6 ans
Virginie, Petra et Estelle sont des cascadeuses. Elles se font renverser par des voitures ou frapper par des maris violents et des gangsters, souvent à
plusieurs reprises. Et à chaque fois, elles se remettent sur pied, prêtes à tourner la scène autant de fois que nécessaire.