90e anniversaire de Pierre Gérard Fontolliet à Cully

Par Sabine Pétermann-Burnat | Il y avait, ce jour-là, chez Pierre Gérard et Eliane Fontolliet, quelque chose d’un accueil à l’ancienne : un apéritif préparé avec soin, des verres de Villette historiques, quelques souvenirs posés sur la table. Ce 30 avril, le syndic, Jean-Pierre Haenni et la pasteure, Sabine Pétermann-Burnat, sont venus porter les vœux de la commune et de la paroisse à Pierre Gérard Fontolliet. La visite officielle s’est vite changée en conversation.
Né à Lausanne le 29 avril 1936, après des premières années à Delémont, Pierre Gérard a suivi la voie de l’ingénierie électrique. Diplôme en poche, il part travailler chez Siemens, à Munich, avant de passer dix ans à Zurich. Peu après la naissance de son fils aîné, il est nommé professeur à l’EPFL. « J’ai quand même le privilège d’être père avant d’être professeur » relève-t-il, comme une manière de placer l’humain avant le titre.
Chez lui, l’esprit scientifique n’a jamais effacé la fibre artistique. « J’ai une hérédité chargée », sourit-il : un père ingénieur, une mère artiste. De cette double filiation sont nés des théâtres de papier pour les enfants, des panoramas, des cadrans solaires, des objets où le calcul rencontre la poésie. Même l’ammonite qu’il porte autour du cou devient méditation : non pas désir de vivre éternellement, mais confiance dans « cette vie qui continue », depuis des millions d’années.
En 1998, il hérite de la maison familiale de Cully, affectionnée depuis l’enfance. A la retraite, dès 2001, il s’y investit pleinement, pour s’y établir avec Eliane en 2005. Le jardin devient alors, selon ses termes, une « sorte de thérapie ». Sa philosophie tient en trois mots : création, prochain, patrimoine. Pour lui, vivre, c’est créer avec les dons reçus, prendre soin de ce qui nous est confié, reconnaître dans le prochain à la fois ceux qui nous entourent et ceux qui viendront après nous, puis transmettre un patrimoine vivant fait de gestes et de valeurs.
A l’heure de trinquer, Pierre Gérard Fontolliet retrouve une vieille sagesse vaudoise : « Quand le vin est tiré, il faut le boire. » La formule dit le goût des choses concrètes. Une manière de traverser le temps en gardant l’œil curieux, la main occupée et le sourire chaleureux. A 90 ans, il laisse simplement deviner une fidélité patiente à ce qui compte : comprendre, façonner, accueillir, et laisser derrière soi un peu plus que ce que l’on a reçu .



