Mon sosie

Sari | J’ai laissé un petit mot sur la table de la cuisine à mon petit-fils en lui disant que j’allais passer la journée chez sa fille.
Et je suis partie sur les chapeaux de roue, façon de dire bien sûr, sa voiture était un vrai bijou. La conduire c’était une pure merveille.
Tandis qu’Espace 2 à la radio passait une belle chanson de Charles Aznavour moi j’entamais la montée d’Oron-la-Ville. Arrivée au seul feu rouge de cette petite localité que je connais si bien, j’ai dû m’arrêter; j’ai profité d’ouvrir la fenêtre et sentir la température extérieure.
Il faisait un temps très printanier et je m’étais habillée légèrement d’un pantalon en toile de lin et d’une longue tunique blanche aux larges manches. La mode des années hippies revenait.
Sur le passage à piétons, bizarrement une femme traversait, habillée exactement comme moi.
Et je n’étais pas au bout de mes surprises quand cette personne a regardé dans ma direction; j’ai été frappée de stupeur, elle était mon autre moi, mon sosie ou ma sœur jumelle, celle dont mes parents m’ont toujours dit être morte à la naissance !
En poursuivant son chemin elle m’a fait un geste que je n’ai pas compris de suite. Entre- temps le feu est devenu vert, l’automobiliste derrière moi démontrait son impatience en me klaxonnant, il ne pouvait pas deviner ce que  j’étais en train de vivre. J’ai démarré en vitesse, plus loin le giratoire me donnait la possibilité de revenir en arrière. En apercevant le parking de la Migros, j’obliquais à droite et repérais déjà mon sosie qui montait doucement la rue.