L’histoire de nos villages

Châtillens

Le village est mentionné au XIIe siècle lors d’un transfert de propriété entre les religieux de Saint-Maurice et ceux de Haut-Crêt, un changement de possession confirmé en 1154 par l’évêque de Lausanne. Les deux tiers du territoire restèrent néanmoins sous l’autorité fiscale de l’Abbaye valaisanne, ce qui ne manqua pas de provoquer plusieurs litiges. Dès 1271 entrent dans cette danse féodale les de Palézieux et les de Joffrey (nobles de bien moindre importance). C’est à eux, une fois de plus, que les habitants doivent payer des redevances afin de pouvoir utiliser – pour brûler et pour bâtir – les forêts en plus des pâturages. Le village, qui se développera autour de la grange principale de l’abbaye de Haut-Crêt, restera dans l’ensemble sous cette seigneurie ecclésiastique jusqu’en 1536. Les redevances furent maintenues, quoique réduites, par les Bernois.
Châtillens a connu en 1361 un curieux épisode judiciaire: un porc qui avait tué un enfant fut transféré à Lausanne pour être jugé et pendu.
Une église romane paroissiale est mentionnée dès 1228. L’édifice actuel, de style gothique, est en grande partie du XIVe-XVe siècle. A l’intérieur, on peut y voir une pièce rare: un chapiteau en provenance des ruines de l’Abbaye de Haut-Crêt. Autres monuments historiques: le «Petit Château», soit la maison Desgraz de 1796, dont la dépendance a accueilli jusqu’en 1841 – date de la construction du collège – l’école du village.
Châtillens a bien diminué sa surface en tant que commune, à la suite du partage de 1814 qui a donné aussi leur autonomie à Essertes et Les Tavernes.
A partir de 1789, Châtillens a aussi connu une relative importante activité minière: la mine de charbon de «La Possession», où jusqu’à 250 mineurs ont travaillé, a été la dernière du canton à fermer en 1947.

 

Ecoteaux

Outre des vestiges romains des IIe et IIIe siècles, découverts en 1991, la première mention connue d’Ecoteaux remonte à 1154 quand Amédée de Clermont, évêque de Lausanne, donne des terres sises à Ecoteaux à l’Abbaye de Haut-Crêt. Dès la fin du XIIe siècle, Ecoteaux fait partie de la seigneurie de Palézieux. En 1344 sous Humbert de Billens, les habitants obtiennent certaines franchises. Les Champion (Seigneurs de Cheseaux) ont eux aussi possédé des droits féodaux à Ecoteaux. Le passage au bailliage bernois d’Oron aura lieu en 1557.
Jusqu’en 1648, les écoliers du village allaient à l’école commune d’Oron-Châtillens-Palézieux, qui était desservie par un diacre; ensuite de 1648 à 1664 à la nouvelle école de Palézieux, puis à l’école partagée avec Maracon.
L’ancien collège de 1842 a été édifié avec les pierres d’un ancien château, en ruine déjà vers 1660.
Sur les dix-huit fermes encore actives lors du recensement architectural de 1977, seules sept dataient du XVIIIe siècle. Le bâtiment de 1779, «en Gadalles», fonctionnait autrefois comme relais de la poste à chevaux qui reliait Oron à Bulle. Entre autres bâtiments à retenir, une maison de maître de 1828, une ancienne clouterie de 1844, un ancien battoir à blé de 1885 et deux fromageries de 1835 environ.
Un grenier de 1530 – utilisé par la suite comme «pinte à vin» – a été démonté vers 1980 et transféré au Musée de l’habitat rural de Ballenberg. La grande salle date de 1955.