L’histoire de nos villages

Claude Cantini

Chesalles
Des découvertes archéologiques (squelettes et bijoux) permettent d’affirmer que la localité était habitée à l’époque du bronze, soit environ 2000 ans avant notre ère.
Comme pour Bussigny, les de Illens y ont détenu des droits féodaux. En 1333, quand Chesalles compte quatorze familles, le notable Perrot de Ferlens vend une partie de ses possessions à l’évêque de Lausanne, auquel il prête hommage comme son souverain. Par la suite, Chesalles appartiendra également à la seigneurie d’Oron. De même, elle fera partie, avant la Réforme, de la paroisse de Saint-Martin.
Jusqu’en 1822, elle forme une seule commune avec Oron-le-Châtel. Seules les écoles sont séparées, et jusqu’en 1648 les enfants sont scolarisés aussi dans l’école qui dessert Oron, Châtillens et Palézieux. A cette date il est engagé un maître pour la seule paroisse d’Oron-Châtillens. C’est seulement à partir de 1734 que Chesalles aura une école particulière.
Une ferme actuelle, d’après 1840, «avait une épicerie»; un bâtiment d’avant 1837 a fonctionné dans le passé comme scierie-moulin, en utilisant les eaux du Flon; un autre bâtiment de 1874 fut un café. Le domaine de Bellevue, au lieu-dit «Au Clos» a été, de 1896 à 1904, la demeure du futur Général Guisan, une plaque commémorative l’atteste. Autres bâtiments à signaler: deux anciennes scieries-battoirs (celle du village est de 1783); un ancien abattoir au Pré-Derrière et l’ancienne école de 1824 qui comprenait une fromagerie.

Cully
Une station lacustre a été découverte en Moratel et, comme souvent ailleurs, des objets de l’époque romaine sont sortis du sous-sol.
En 967, Conrad, roi de Bourgogne, confirme la possession que les chanoines de Besançon  détiennent sur «Cusliacum» et ses environs. Une autre confirmation est connue: celle du pape Calixte II, en 1120, en faveur, cette fois-ci, de l’archevêque de Besançon. Vers 1150, ce dernier et l’évêque de Lausanne sont en conflit, justement à cause de leurs droits respectifs sur Cully. Un jugement est alors rendu (1154) par l’évêque de Bâle, en tant que délégué du pape. Ce n’est qu’en 1246 que les ecclésiastiques d’outre-Jura se décident à vendre leurs terres vaudoises (données bien entendu en fermage) à Jean de Cossonay, prince-évêque de Lausanne.
Si l’on excepte la «révolte» de 1282 des bourgeois de Cully contre l’évêque (Guillaume de Champvent) afin d’obtenir des franchises, les chroniques témoignent d’une entente plus ou moins cordiale entre habitants et évêché.
A l’arrivée des Bernois, le «mayor» (administrateur) conserva sa fonction jusqu’en 1598. A partir de cette date, l’organisation de la Grande Paroisse de Villette fut modifiée par la création des «quarts», au nombre de huit… dont deux pour Cully et un pour Epesses et Riex. A cela s’ajoutaient les confréries bourgeoises qui avaient le véritable pouvoir économique.
La région resta fidèle à Berne lors de l’éclatement de la Révolution de 1798 et l’on organisa même, à cette occasion, un «banquet aristocratique».
Sur le plan religieux, Cully a fait partie de la paroisse de Villette, probablement jusqu’en 1536. Le village n’avait qu’une chapelle, connue depuis 1365. Une autre chapelle se trouvait dans l’«hôpital», fondé vers 1340, qui existait encore en 1537. Cette chapelle et ses fresques de 1570-80 est encore visible, mais située dans l’arrière d’un magasin de la rue de l’Hôtel-de-Ville. Ayant fait à nouveau partie de la paroisse de Villette, Cully obtient une paroisse autonome en 1766.
Lors du partage de 1826 de la Grande Commune de Villette, la confrérie de Cully (qui ne comptait désormais que sept familles d’origine) devra remettre à la commune nouvelle la majorité de ses biens.
L’église, du 15e siècle, a été reconstruite en 1866. Un «collège latin», éphémère, a été inauguré en 1707.
Le bourg comprend cinq maisons historiques: Sordet (1521), Davel (1545), von Arx (1594), Maison Jaune (1641) et Muriset (1684).
Rappelons que si l’ouverture de la ligne du Simplon s’est accompagnée, en 1861, de la construction de la gare, elle a provoqué la mort du transport lacustre dont Cully était le centre.
Rappelons un événement important: la laborieuse ouverture, en 1942, de l’Infirmerie (aujourd’hui hôpital) de Lavaux. Elle a été précédée par 61 ans de polémiques, depuis le legs de Félicie Fauquex, en 1878, contesté par les héritiers.