Claire Glauser : de et pour Lutry

Municipaux sortants

Thomas Cramatte | En charge des affaires sociales, de la culture, de la jeunesse et des paroisses depuis 2011, Claire Glauser laisse son siège vacant à la Municipalité de Lutry. Seule femme de cet exécutif, son engagement aura permis de concrétiser plusieurs projets d’importance. A 69 ans, elle laisse derrière elle un beau parcours politique.

Claire Glauser devant la Maison de commune

Politique dans les veines

C’est bien connu, il ne faut pas se fier aux apparences. Car, derrière le nom de famille à connotation bernoise de la conseillère municipale, se cache une Lutryenne pure souche. Née le 14 février 1952, Claire Glauser n’a jamais quitté la bourgade du bord du lac. Si elle a pourtant bien déménagé quelques fois, ce fut toujours sur le territoire communal. Wanzenried de son nom de jeune fille, ses parents avaient acheté l’ancien garage automobile situé à la route de Lavaux en 1946 : « L’entreprise familiale se trouvait là où il y a actuellement l’association Police Lavaux. J’ai vécu toute mon enfance à Lutry », souligne cette dernière. Une fois sa scolarité obligatoire achevée, la native de Lutry rejoint les bancs de l’école Vinet à Lausanne. Possédant de grands intérêts pour le monde des soins, elle décide de poursuivre ses études en intégrant l’école d’infirmière. Ainsi, à l’âge de 19 ans, Claire Glauser approfondit ses connaissances en la matière à l’école de La Source. Pour elle, cette profession a toujours sonné comme une évidence : « Lorsque j’avais 9 ans, l’un de mes frères est gravement tombé malade. C’est en observant et en admirant le travail de mademoiselle Jordan, infirmière à domicile, que j’ai su ce que je voulais faire de ma vie », se souvient l’actuelle municipale. Cette vocation pour aider son prochain ne l’a jamais quittée toute sa vie durant. Entre un poste au service des admissions à l’hôpital Nestlé du CHUV, un emploi au service de diabétologie de La Source, des soins à domicile et un poste d’assistante médicale dans un cabinet d’oncologie à Lausanne durant 25 ans, Claire Glauser n’a jamais eu le temps de s’ennuyer. D’autant plus que sa carrière médicale fut accompagnée par un mariage et l’arrivée de deux enfants. 

Club des orphelines du Conseil

En raison de la mort accidentelle de son mari, Claire Glauser était ce que l’on appelle une mère cheffe de famille. De cette union résulte la naissance d’Elise en 1978 et d’Emilie deux ans plus tard. « J’ai élevé seule mes enfants. Mais vu que ma famille et mes amis étaient installés à Lutry, j’ai pu compter sur leur soutien ». Cette situation laborieuse a joué un rôle prépondérant dans la carrière politique de Claire Glauser : « C’est ce qui m’a fait entrer en politique », avoue cette mère de famille. Car en raison du manque de structures d’accueil de la petite enfance de l’époque, Claire Glauser commence à militer pour la création de la première garderie publique sur le sol communal : « Avec plusieurs mères de famille, nous avions discuté avec le syndic de l’époque pour faire changer les choses. Monsieur Coderey nous avait alors dit de fonder une association afin d’être crédibles ». Quelque temps plus tard, l’association l’APPEL (association pour la petite enfance de Lutry) puis la garderie La Marelle ont vu le jour. Auréolée de ce premier succès, la socialiste ambitionne de faire changer les choses au sein de sa commune. « Il fallait s’investir de l’intérieur pour faire changer les choses ». C’est principalement pour cette raison qu’elle s’engage au Conseil communal à la fin des années 90. « J’y consacrais beaucoup de mon temps libre, mes filles rigolaient en prétendant être les orphelines du Conseil », se remémore avec humour la municipale sortante. Cette ambition pour le monde politique, Claire Glauser le cultive depuis plus de quarante ans : « Lorsque j’étais adolescente, les discussions politiques au souper étaient légion avec mon frère. A tel point, que notre mère nous avait interdit de parler politique à table ». Venant d’une famille radicale, Claire Glauser ne s’identifie pourtant pas à ce parti politique. « Le parti socialiste était plus en phase avec mes convictions ». Trouvant rapidement ses aises au Conseil communal, elle gravit les échelons de l’autorité communale comme une suite logique. « Il y a un tournus de la présidence du Conseil communal. Lorsque mon tour est venu, j’avais envie de découvrir de plus près le monde de l’exécutif. Après deux ans à la présidence, les citoyens de Lutry m’ont élue à la Municipalité ».

Réussites politiques

La présence de Claire Glauser à la Municipalité de Lutry a permis de réaliser les Quartiers solidaires. Cette action chapeautée par Pro Senectute Vaud vise à améliorer la vie des seniors et à resserrer les liens entre les personnes âgées et leurs voisins. On note aussi la création des Open Sunday, qui permettent aux jeunes des classes primaires de bénéficier de l’ouverture des salles de gymnastique communales afin de bouger à l’abri des intempéries hivernales. Ces quelques lignes ne nous permettent pas d’énumérer toutes les réussites politiques de cette future ancienne municipale, mais lorsque nous lui demandons si la retraite politique ne va pas créer un vide dans sa vie, elle répond en toute logique : « Je ne m’ennuie jamais. La lecture et ma passion pour l’opéra et le cinéma m’accompagneront dans ce temps libre qui se présente. J’aurai enfin le temps de rejoindre l’équipe des habitants des Quartiers solidaires et de partager leurs activités. Surtout que j’aime prendre du temps pour moi et le partager en famille ainsi qu’avec les amis ».