Voile – Nouvelles du lac… et des vignerons

Un confinement autant sur les bateaux que dans les caves ouvertes, mais fermées

Fin de journée. Les promeneurs sont rentrés

Christian Dick | Les infrastructures portuaires sont fermées, les assemblées de régatiers annulées, comme les régates d’ouverture. Les autres sont reportées jusqu’à nouvel avis. Les Cercles assimilés à des buvettes de clubs sportifs sont fermés. Les cours start et les assemblées de navigateurs, les nettoyages de printemps et les rencontres interdites jusqu’à nouvel ordre, avec les recommandations d’usage. A peine peut-on voir un voilier croisant au large malgré des conditions de navigation idéales. Quelques barques de pêche sont docilement posées à la surface des eaux. Plus loin, les inscriptions au Bol d’Or Mirabaud habituellement ouvertes le 21 mars avec l’arrivée du printemps ont été suspendues dans un premier temps, avant que le comité d’organisation n’annule cette 82e édition et la reporte en 2021, les 12 et 13 juin plus précisément. C’est d’autant plus exceptionnel que la régate n’a depuis ses débuts en 1939 jamais cessé d’avoir lieu malgré une guerre mondiale. Un report aux 25 et 26 septembre a été envisagé, mais lui aussi écarté. Le comité craignait en effet que cette date n’intervienne trop tard dans la saison et subisse l’effet immanquable d’embouteillage. D’autre part, les jours se raccourcissent et les nuits deviennent fraîches. Un autre facteur contribue peut-être lui aussi à cette annulation. La France a interdit la navigation sur le lac. Or, chacun sait qu’une grande part de la flotte navigue au plus court entre Genève et Le Bouveret.

Peu d’activité au port malgré un temps idéal. Terrasse vide

D’une manière générale, l’heure est grave

Il est à l’heure actuelle impossible de prévoir l’évolution de la pandémie. Nos autorités et les différents comités évaluent régulièrement les risques et les mesures de protection nécessaires à la tenue d’une manifestation. Dans les ports, nombre d’embarcations n’ont pas été mises à l’eau. La faute au niveau très bas du lac en cette année bissextile, mais aussi au confinement, à la distance sociale ou à l’interdiction de groupes de plus de cinq personnes. En régate, l’espace à bord d’un voilier en course est confiné. Il l’est aussi dans les caves ouvertes et les lieux d’accueil. Les vignerons ont perdu en peu de temps 75% de leur chiffre. Les bouteilles que nos vignerons de Lavaux fournissaient au Cully Jazz Festival ne seront pas remplacées. Les autres manifestations comme Epesses en fête sont annulées ou reportées. Ce sont des centaines de bouteilles que ne fourniront pas les vignerons et qu’ils ne livreront ailleurs pas en totalité. Pourtant, les travailleurs de la vigne ne cessent pas leur activité. Ils taillent. Ils mettent en bouteilles les nouveaux millésimes. Les restaurants sont fermés, l’accès aux terrasses barré par des rubalises, les réunions ou dégustations annulées ou interdites d’accès. Alors même que l’espoir d’un revenu immédiat leur est fermé, des centaines de citadins envahissent les vignes, déposent à même le sol leurs couvertures et y piquent-niquent. Consomment-ils local ? On l’espère bien. Mais il y a parfois loin de l’intention à l’acte. Que faire alors ? Certains vignerons espèrent rapidement des jours meilleurs, d’autres s’ouvrent à internet et proposent à leur clientèle un service de livraison sans frais. J’aurais bien aimé terminer, selon mon habitude ou mon humeur, par un « bon vent amis lecteurs ». Si corona devait changer un comportement, qu’il nous rende simplement solidaires, d’une manière générale, des producteurs locaux. Alors, tout de même, je lève mon verre et trinque à votre santé, amis lecteurs, en ajoutant, bien doucement, chez vous si ce n’est pas possible ailleurs !