20 Août 2017
N°29 Du jeudi 27 juillet 2017 ● 67e année (N°3196)
Edito :

Puidoux: 90 ans de Huguette Baldin

A l’EMS La Colline à Chexbres
  • Devant, Huguette Baldin et de g. à d. : Corinne Coskun, sa fille ;
Nil Coskun, sa petite-fille ; Nadia Baldin, sa fille

    Devant, Huguette Baldin et de g. à d. : Corinne Coskun, sa fille ; Nil Coskun, sa petite-fille ; Nadia Baldin, sa fille

Echos

Jean-Pierre Lambelet  |  Née à Lausanne le 14 avril 1927 au son des canons commémorant l’anniversaire de la 1re réunion du Grand Conseil du nouveau canton de Vaud en 1803. Bien qu’originaire de Puidoux tant par son père que par sa mère, elle a grandi à la rue du Pavement à Lausanne juste à côté des canons qui tonnaient ce jour-là… Son papa étant en charge de la campagne de l’Hermitage et de celle du Pavement, elle devait aider aux travaux de la Ferme, en particulier pendant la guerre, alors que son père était mobilisé à la frontière. Très liée avec son frère cadet, lorsque ce dernier a été victime d’un très grave accident de la circulation, c’est elle qui le menait tous les jours à l’EPFL en tilbury (voiture à cheval de 2 places) depuis les hauts de Lausanne en traversant la place St-François où la police arrêtait la circulation pour les laisser passer…!

Huguette a des fourmis dans les jambes et elle pratique le tennis, fait du ski, aime danser et il y a aussi la Chanson de Lausanne qui lui a permis de découvrir l’Europe revêtue de son costume vaudois. Ses goûts artistiques l’ont conduite vers la peinture sur porcelaine et la pratique du piano en plus du chant. Après une formation d’institutrice à l’Ecole Normale, ses compétences ont été pleinement reconnues par les élèves, ses collègues enseignants et le canton. Elle a profité de visiter l’Italie et la France avec ses amies de l’Ecole Normale, pour enfin sortir du pays après la guerre. Séjour d’une année en Angleterre pour passer un diplôme. Elle se souvient bien de son premier poste d’institutrice stagiaire à la Nouvelle Censière dans le Jura vaudois avec 11 élèves représentant 11 niveaux scolaires! Un coin tellement reculé qu’elle s’est perdue dans la neige et le brouillard et que tout le village est parti à sa recherche, cloches à l’appui!

Son premier poste d’institutrice diplômée au collège de Publoz à Puidoux l’a rapprochée de ses racines familiales et lui a donné l’occasion de manger tous les jours à midi chez sa grand-mère aux Suettes. Un jour, son frère lui présenta le charmant Gérard Baldin qui deviendra le mari qu’elle suivra au cours de ses pérégrinations professionnelles au travers de notre vaste monde. Mariage à New York en 1955, maternité et naissance de sa première fille à Cincinnati. Retour à Lausanne, nouvelle maternité et naissance de sa deuxième fille. Puis départ pour Bregenz au bord du lac de Constance en Autriche durant 5 ans. Nouveau retour à Lausanne pour une dizaine d’années durant lesquelles elle enseigne le français aux adultes étrangers à l’Institut Richelieu. Et re-départ pour l’Argentine durant 3 ans. Revenue en Suisse, elle reprend l’enseignement et les dernières années elle fut chargée de la formation du corps enseignant vaudois aux nouvelles méthodes d’enseignement du français. A sa retraite, retour aux sources, et installation à la maison des Suettes à Puidoux. Elle a pu y déployer son talent inné pour l’architecture et la décoration, reconnu par de nombreux architectes. Elle avait également élaboré avec son frère un plan d’aménagement urbanistique de la zone de Puidoux-Gare qui n’a pas été retenu par les autorités de l’époque. Sa passion pour la lecture est intacte et c’est devenu son activité principale aujourd’hui.

C’est entourée de sa famille et avec un jour d’avance à l’EMS La Colline à Chexbres que René Gilliéron – syndic – accompagné de Jean-Christophe Butty – municipal – lui remirent des présents bien mérités au nom de la commune de Puidoux pour son 90e printemps.

 

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