17 Décembre 2017
N°47 Du jeudi 14 décembre 2017 ● 67e année (N°3214)

Les Rossignols* appelés à dessiner le Parc naturel périurbain du Jorat (PNP)

Atelier de réflexion de l’association «Jorat, une terre à vivre au quotidien» du 30 novembre
  • Sophie Chanel et Philippe Thévoz

    Sophie Chanel et Philippe Thévoz

Nature

Gil. Colliard  |  Après Froideville, Lausanne et Ropraz, Montpreveyres accueillait, jeudi 30 novembre, une quarantaine de personnes qui, bravant la neige, répondait présente à l’invitation des communes engagées dans le projet, afin de prendre part à une démarche participative offrant à la population concernée la possibilité d’intégrer et développer des idées en relation avec la création du PNP. Philippe Thévoz, municipal des forêts, présenta les intervenants: Sophie Chanel, cheffe de projet, Maxime Rebord, responsable des animations et Laurence Vuagniaux et Marc Münster du bureau Sanu, chargés de la partie atelier. En quelques mots, il rappela que le projet de PNP du Jorat a reçu, en 2014, l’accord des treize municipalités concernées pour le dépôt du dossier de candidature, motivé par les dispositions de la politique forestière de la Confédération exigeant une mise en réserve de 10% des forêts. Le PNP, avec ses 440 ha (zone centre) de réserve forestière, réunit la surface à y consacrer par les communes signataires. L’étude du projet est financée par la Confédération, le canton et les communes.

Le PNP pour penser la région de manière durable

Sophie Chanel, engagée par «l’Association Jorat une terre à vivre au quotidien» dont l’un des trois buts statutaires est l’opportunité de créer le PNP, souligna l’importance de construire ce projet avec les habitants. Dans sa phase d’élaboration et se fondant sur le développement durable en regard des aspects environnementaux, économiques et sociaux, il aboutira fin 2019, avant d’être soumis aux Conseils des 13 communes. Le massif forestier des bois du Jorat est unique en Suisse de part sa taille et sa position centrale entre le Jura et les Alpes, servant de relais pour la faune et aussi par sa proximité du centre urbain de Lausanne. Forêt de production, ce massif est un réservoir de biodiversité d’importance nationale, qui accueille des activités économiques diversifiées et représente une destination privilégiée pour la détente et le loisir en plein air. Le projet du PNP relève le défi du futur en préservant une zone centrale de 440 ha, sur des parcelles de propriété publique, laissées à la libre évolution naturelle et en créant une zone transitoire (tampon), en cours de définition sur son pourtour. Elle engagea les personnes présentes à penser la région de manière durable, citant quelques exemples de développement: transport en commun dans les zones rurales, des lieux d’accueils, circuits courts économiques, label national, etc.

Un accès à la forêt limité pour les usagers afin d’y accueillir les citadins ? 

Au cours de la partie dévolue aux questions, la tendance était plutôt au scepticisme et à la perplexité. Crainte de voir l’accès limité pour les usagers de la région, afin de permettre aux citadins et autres visiteurs attirés par l’aspect parc, de venir en nombre. Qu’en sera-t-il des propriétaires privés dans la zone dite «tampon»? Au niveau biodiversité, contestation en regard de l’efficacité de laisser la forêt revenir à l’état naturel, contrairement à une forêt jardinée. Comment gérer l’expansion du bostryche, d’un feu de forêt, si l’accès n’est plus possible? Quel sort sera réservé au chemin des Pierres reliant Froideville à Montpreveyres? Qui financerait de nouvelles lignes de transport? Que deviendront les parcours équestres? Que se passera-t-il si l’un des 13 Conseils refuse le projet? L’accès de la zone centre sera toujours possible, uniquement sur les chemins balisés. La zone de transition est à l’étude, sa surface sera inférieure à celle de la réserve actuelle, gardant les mêmes conditions. L’accroissement de la population augmentant la pression sur le territoire, le PNP vise à préserver la qualité de vie de la région, à canaliser les visiteurs et à créer une structure d’accueil. La zone centre permettra aux arbres d’effectuer un cycle complet de vie et le bois mort participera au retour d’une biodiversité, en perte de
vitesse. La gestion du bos-tryche est à l’étude. Le chemin des Pierres pourrait voir sa situation précaire améliorée. Les parcours équestres pourraient bénéficier d’allègement de l’ordonnance fédérale. «Si une commune peu impactée refuse le projet, nous pouvons imaginer délimiter différemment le parc, si c’est une commune concernée par une grande surface, il n’y aura pas de parc», conclut Sophie Chanel, en signalant que la carte représentant la zone centrale définitive, à bout touchant, sera présentée en 2018 et que le projet est toujours dans sa phase d’élaboration.

Invités par Laurence Vuagniaux à participer aux ateliers, soit à la démarche participative proprement dite, leur permettant de mettre par écrit leurs réflexions, leurs idées et leurs craintes, qui seront ensuite examinées par une commission, des participants s’installèrent autour des tables alors que d’autres déclinèrent la proposition.

Communes signataires

Corcelles-le-Jorat, Cugy, Epalinges,

Froideville, Hermenches,

Jorat-Menthue, Lausanne,

Le Mont-sur-Lausanne,

Jorat-Mézières, Montilliez,

Montpreveyres, Ropraz et Servion.

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